Ascalaphes de France


Famille des Némoptéridés

Nemopteridae

Les N
émoptéridés présentent des ressemblances avec les Ascalaphes et qui comme eux ont des larves micro-cavernicoles. Les mâles de ces Insectes sont connus pour disperser des phéromones. On trouve en Europe le genre Nemoptera Latreille, 1802. On trouve par exemple Nemoptera bipennis dans la Péninsule ibérique et même en France où elle a été citée par Navás en 1910 de Marseille. On en distingue trois espèces :
Nemoptera bipennis (Illiger, 1812) - P
éninsule Ibérique, une mention en France.
Nemoptera coa (Linnaeus, 1758) - Afrique du Nord, Gr
èce, Turquie d'Europe.
Nemoptera sinuata Olivier, 1811 - Sud des Balkans, Bulgarie, Turquie d'Europe.


Navás L. 1910 - Monografia de los Nemoptéridos (Insectos Neurópteros). - Memorias de la Real Academia de Ciencias y Artes de Barcelona, (3) 8 : 341-408. - PDF LINK

navas
Planche de Navás (1910)

Libelloides Schäffer, 1763

Ascalaphidae Rambur, 1842
Libelloides Schäffer, 1763
syn. - Ascalaphus auct.

Le genre Ascalaphus
était autrefois appliqué aux espèces européennes aujourd'hui placées dans le genre Libelloides. Tjeder (1972) fait la mutation des espèces Paléarctiques d'Ascalaphes colorés dans le genre Libelloides, le genre Ascalaphus étant réservé à d'autres espèces. Cette mutation commence à être bien suivie dès les années 2000, auparavant il semble que seuls Montserrat et Pantaleoni utilisaient Libelloides.
On trouve souvent par erreur Libelloides Tjeder, 1972 ! D
ès 1814, Leach, avait fait un rapprochement entre les deux noms. On a découvert récemment en Europe un véritable Ascalaphus en Sicile (Pantaleoni & al. 2013) (hic 2019).

• Leach W.E. 1814 - The Zoological Miscellany: Being Descriptions of New Or Interesting Animals, Volume 1. - Nodder, London. -
ONLINE
• Pantaleoni R. & al. 2013 - Ascalaphus festivus (Rambur, 1842) in Sardinia, a new genus of Ascalaphidae for Europe (Neuroptera). - Biodiversity Journal, 4 (1): 179‑182. -
PDF LINK
• Pantaleoni R.A. & Loru L. 2018 - Libelloidini, new name for an old tribe (Neuroptera Ascalaphidae). - Zootaxa, 4438 (3).
• Tjeder B. 1972 - Two necessary alterations in long-established genus nomenclature in Ascalaphidae (Neuroptera). - Entomologica Scandinavica, 3 : 153–155.

Qui est l'Ascalaphe "barbarus" ?

Ascalaphus barbarus (Linnaeus, 1768) a été décrit sous Myrmeleon barbarum Linnaeus, 1768 dans la douzième édition du Systema Naturae et se trouve en Afrique du Nord, notamment en Algérie.

Mal compris il a été confondu ou redécrit pour de très divers autres taxons, presque toutes les espèces d'Europe y sont passées :
Ascalaphus barbarus Fabricius, 1775 (nec Linnaeus, 1768) - Libelloides macaronius (Scopoli, 1763)
Myrmeleon barbarum Sulzer, 1776 (nec Linnaeus, 1768) - Libelloides coccajus (Denis & Schiffermüller, 1775)
Ascalaphus barbarus Latreille, 1807 (nec Linnaeus, 1768) - Libelloides ictericus (de Charpentier, 1825)
Ascalaphus barbarus Petagna, 1808 (nec Linnaeus, 1768) - Libelloides latinus (Lefèbvre, 1842) (Nomen nudum)
Ascalaphus barbarus Burmeister, 1839 (nec Linnaeus, 1768) - Libelloides longicornis (Linnaeus, 1764)
Thelecproctophylla barbara Hagen, 1860 (nec Linnaeus, 1768) - Deleproctophylla australis (Fabricius, 1787)
Thelecproctophylla barbara Hagen, 1860 (nec 1860, nec Linnaeus, 1768) - Deleproctophylla variegata (Klug, 1834)

Source principale
van der Weele H. 1909 - Collections zoologiques du Baron Edm. de Selys Longchamps. Ascalaphiden. Fasc. VII. - Hayez, Bruxelles (1908).

L'enquête de l'ONEM est au point mort depuis 2017

Cette enquête a été lancée en 2009. Alors qu'elle était particulièrement bien partie, coordonnée par Raphaël Colombo, l'enquête de l'ONEM est au point mort depuis 2017 et les données ne sont pas validées depuis 2012. Ni les données, ni le site Internet n'est actualisé.

Le Comité de coordination est formé par Frédéric Archaux, Raphaël Colombo, Cyrille Deliry, Jean-Michel Faton, Audrey Pichard et David Sautet.

Présentation et Biologie des Ascalaphes

Les Ascalaphes sont apparentés à l’ordre des Neuroptères (ou Névroptères Planipennes). Leurs yeux sont composés et leurs antennes sont très grandes, dilatées dans leur extrémité comme les papillons Rhopalocères. Ce sont des prédateurs dont la bouche est pourvue de fortes mandibules de type broyeur. Les ailes antérieures sont légèrement plus longues que les postérieures qui sont larges et triangulaires. Les Ascalaphes sont les seuls Névroptères à porter des couleurs vives sur leurs ailes : larges zones jaunes ou blanc-crème, tracés noirs souvent caractéristiques de chaque espèce. L'abdomen allongé comprend comme les Libellules 10 segments. Les mâles portent deux cerques poilus. C’est avec ces appendices du dernier segment que les mâles saisissent les femelles en vol. L’activité des Ascalaphes est strictement diurne. Ils ne volent volontiers que sous la chaleur du soleil. Le reste du temps, ils restent agrippés aux grandes herbes, parfois en groupe. Au-delà de 30°C, leur vol devient fulgurant et leur distance de fuite dépasse 5 mètres. Ils chassent et capturent des mouches et autres petits insectes en vol. Les larves ne font pas d'entonnoir comme les Fourmilions, on pense qu'elles vivent dans les anfractuosités des roches de leur habitat. Un rapprochement avec la famille très voisine des Nemopteridae est tentant dans la mesure où comme ces insectes, les larves sont cavernicoles. Les Ascalaphes aiment les coteaux bien exposés, les pelouses rases, les landes, des bords de la mer jusqu’à 2000 m (maximum de 2800 m au Pic du Canigou selon Puissegur 1967). Les graminées semblent appréciées des Ascalaphes comme reposoirs et support de ponte. C’est dans la partie inférieure des chaumes qu’ils fixent leurs oeufs, sur deux rangées parallèles. La larve à une tête armée de longs crochets portant des dents. Elle vit au sol et se déplace vers l’avant sur de courtes pattes. On peut la trouver sous le tapis herbeux ou sous les pierres, surtout dans les endroits secs. Elle vit deux ans à l’état larvaire, et seulement quelques semaines comme imago volant. La métamorphose a lieu dans un cocon de soie sécrétée par la larve. Un temps d’arrêt de 2 à 3 semaines permet la modification interne du corps de l’insecte. La tête perd ses crochets et l’abdomen s’allonge et s’enroule. Les ailes ne se gonflent qu’après l’éclosion. L’espèce la plus répandue en France est Libelloides longicornis que l’on reconnaît de loin à la coloration des nervures alaires jaunes. Cette espèce a un vol assez tardif de la mi-juin à début août. Libelloides coccajus est également fréquent dans la moitié Sud de la France, mais remonte moins au Nord. C’est aussi une espèce plus précoce qui vole de la mi-avril à fin juin. (Deliry & Faton 2010).