Chalcolestes viridis

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Chalcolestes viridis (Vander Linden, 1820)

Leste vert [de Selys Longchamps, 1840], Cuivroleste vert [2018] - (en) Willow Emerald Damselfly
Agrion viridis Vander Linden, 1820, Lestes viridis (Vander Linden, 1820), Agrion leucopsallis de Charpentier, 1825 [A préciser sur la WOL ; signalé le 28 août 2019] [1]

Vander Linden (1820) fait référence à des évocations antérieures de ce taxon, en particulier sous la Libellula puella var. A d'Olivier dans l'Encyclop. meth. loc. cit. page 188 ainsi que dans Schaeffers, Ins. Ratisb. CXVII fig. 4, 5. - [A préciser]
Cette espèce a été rangée dans le genre Chalcolestes en raison de ses larves particulières. Elle est très proches de Chalcolestes parvidens si bien que cette dernière est parfois considérée comme une simple sous-espèce du Leste vert.

Italie, Bologne (Vander Linden 1820).
Belgique (Vander Linden 1825) [4], France méridionale (de Charpentier 1825), Angleterre (Stephens 1835), Pologne, Silésie (de Charpentier 1840), Afrique septentrionale (Hagen 1840).
Dans presque toute l'Europe (de Selys Longchamps 1840), précisée en Europe tempérée et méridionale, dans le nord de l'Afrique et en Asie turque ; ajouter d'autres parties de la France, Allemagne, Portugal, Italie, Sicile, Turquie (Constantinople, Patara), Algérie, pourrait être en Angleterre (de Selys Longchamps 1850).


Afrique du Nord ; de l'Ouest de l'Europe à l'Europe centrale, l'Ukraine et les Balkans. En expansion, en progression vers le Danemark et en Pologne ; d'accidentelle, l'espèce tends à s'installer en Angleterre. Habitats divers jusqu'à 1600 m d'altitude. Vole de mai à mi décembre [3] ; juillet à octobre (Europe centrale ; émergences jusqu'à mi août, pontes jusqu'en octobre). Les œufs passent l’hiver et n’éclosent que le printemps suivant, notamment vers le mois d’avril, le développement larvaire se fait en trois mois environ. La ponte a lieu dans les branches d’arbres à écorce tendre. Elles forment des boursouflures à leur endroit, sorte de galle en réaction à l’œuf. Ces galles ne s’effacent plus et sont caractéristiques de l’espèce (Deliry 2017 et compléments). Cette espèce peut s'hybrider localement avec Chalcolestes parvidens.

La ponte et la vie larvaire du Leste vert sont présentées par Robert (1958). [2]

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France - Sud de la France (de Charpentier 1825), vers Aix en Provence (Boyer de Fonscolombe 1838), Paris, Angers, Bordeaux, Lyon, Languedoc (de Selys Longchamps 1850). Ensemble de la France, Corse comprise.

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©© bysa - Jörg Hempel - Allemagne le 27 août 2008 - Wkimedia Commons

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©© byncsa - Cyrille Deliry - France, Isère le 14 septembre 2014 - Histoires Naturelles


Boyer de Fonscolombe E.L. 1838 - Monographie des Libellulines des environs d'Aix. Deuxième et troisième parties - Annales Société Entomologique France, 7 : 75-106 + 547-575.
de Charpentier T. 1825 - De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae. - Wratislaviae.
de Charpentier T. 1840 - Libellulinae europaeae. - Leopold Voss, Lipsiae.
de Selys Longchamps E. 1837 - Catalogue des Lépidoptères ou Papillons de la Belgique, précédé du tableau des Libellulines de ce pays. - Desoer, Liège : 1-29.
de Selys Longchamps E. 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.
de Selys Longchamps E. 1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
Deliry C. 2017 - Odonata Europaea. - Histoires Naturelles, n°49.
Evans W.F. 1845 - British Libellulinae. - London.
Hagen H.A. 1840 - Synonymia Libellularum Europaearum. - Regimontii Prussorum.
Stephens F.J. 1835 - Illustrations of British Entomology. - London.
Vander Linden P.L. 1820 - Agriones Bononienses. - Typographia annesii de nobilibus, Bononiae.
Vander Linden P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis.
[A préciser]


[1] - Selon Evans (1845) la pl.34 de Charpentier (1840) représente Lestes virens et non viridis. Il ne nous est pas possible de contrôler dans les éditions en ligne qui sont de mauvaise qualité. [A préciser]
[2] - Difficiles à suivre en raison des lieux impénétrables qu'ils fréquentent et de leurs teintes mimétiques, la ponte est délicate à observer. Les traces de pontes se remarquent cependant bien sur les branches utilisées. Les œufs sont pondus sur toutes les faces, en ligne droite, en ligne sinueuse ou en spirale. Chaque fois que la ♀ a percé l'écorce, elle en profite pour enfoncer deux œufs à droite et deux œufs à gauche (exceptionnellement trois). Les œufs soulèvent un peu l'écorce et des galles très visibles se forment à leur endroit, les deux cicatrices confluent bientôt en leu milieu. Ces galles sont souvent encore visibles après 2 ou 3 ans, celles évacuées se reconnaissent par des trous béants plutôt que des fentes. Chacun de ces groupes mesure de 3 à 3,5 mm de large ; ils sont éloignés les uns des autres de 1,4 à 4 mm, le plus souvent de 1,5 à 2 mm. Les groupes sont plus rapprochés sur les grosses branches que sur les petites. Si elle n'est pas dérangées la même ♀ peut déposer de 200 à 400 œufs en séries régulières et ininterrompues de 50, 70 et jusqu'à 97 groupes. Elle peut souvent aussi, dans un espace restreint aligner plusieurs séries voisines en tournant un peu autour de la tige. Les ♀ pondent parfois sur les mêmes branches ne tenant pas compte de la position des œufs précédents, ce qui donne un aspect complexe à l'ensemble des pontes. Diverses espèces végétales, arbres ou arbustes aux écorces généralement tendres sont utilisées pour la ponte (Robert 1958).
La vie larvaire est développée par Robert (1958) : Les larves sont sur le point d'éclore au début d'avril en Suisse. La prolarve se laisse choir à l'eau et reste en surface en sa peau étant imperméable. Si elle tombe sur le terrain, elle boucle son corps de gauche à droite, ce qui la fait bondir de plusieurs centimètres jusqu'à ce qu'elle atteigne l'eau. D'après May, elle peut toutefois rester, sans danger des heures sur terre ferme. Un fois à l'eau, elle se fend sur le dos et la vraie larve sort rapidement et descend dans l'élément liquide où elle ne flotte plus. Elle se tient l'extrémité de son corps relevé et nage déjà assez rapidement sur de courtes distances. Elle se tient pendant toute sa vie larvaire assez tranquille sur des plantes aquatiques à demi décomposées du fond, mais fuient à la moindre alerte. Quand elles sont grandes elles tiennent volontiers leurs fourreaux alaires écartés. Les lieux où elles vivent fourmillent d'Entomostracé et de larves de Culex ou de Chironomes ; mais ce sont les larves de Diptères ou d'Éphémérides qu'elles préfèrent. De temps à autre elles se saisissent cependant d'un Entomostracé qu'elle relâchent aussitôt ou mâchonnent longuement, rejetant la carapace devenue transparente. En été, souvent lorsque les eaux baissent et que le lieu devient surpeuplé, les larves n'ayant plus assez d'oxygène viennent respirer en surface y apposant toute leur surface dorsale, mais jamais les branchies caudales, ou les larves proche d'éclore, seulement leur thorax, respirant par les stigmates. Certaines larves perdent sans gène, 1, 2 ou même les 3 branchies qui semblent plus des organes de locomotion que de respiration.
[3] - Une observation le 30 décembre 2017 en Murcie, Espagne par J.Ros (www).
[4] - De très rare (de Selys Longchamps 1837, 1840) à peu commune (de Selys Longchamps 1850) en Belgique ; c'est un statut qui a depuis évolué.