Lestes macrostigma

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Thalassalestes macrostigma (Eversmann, 1836)

Lestes macrostigma (Eversmann, 1836)

Leste à grands stigmas [de Selys Longchamps 1850], Leste des sansouires [2006], Leste à grands ptérostigmas - (en) Dark Spreadwing
Agrion macrostigma Eversmann, 1836, Lestes picteti de Selys Longchamps, 1840 (nec Boyer de Fonscolombe, 1838) [Syn. mineur], Lestes virentis de Charpentier, 1840 [1]

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Non menacée - LC 2014 (En déclin)

C'est une espèce relativement "primitive" au sein des Lestes qui devrait selon Bechly (2005) être placé dans un genre à part : il écrit "Lestes" macrostigma. Nous proposons dès 2005, de forger le genre Thalassalestes qui reste à décrire et à rapprocher du genre Chalcolestes.

Décrite d'Orembourg en Russie (Eversmann 1836).
Italie, Ligurie, Sardaigne, Sud de la France (Lyon), campagne du Piémont et de Rome (Hagen 1840), Sicile (Rambur 1842) ; précisée en Sardaigne, Sicile, l'auteur supprimant les données de Lyon et d'Italie qu'il rapporte à Lestes sponsa (de Selys Longchamps 1850).


Espèce mediterranéo-touranienne. Elle se trouve sur des stations du littoral du nord de la Méditerranée, de la Mer Noire, de la Caspienne et de la Mer d’Aral. On la trouve aussi sur des habitats steppiques salés s’étalant de l’Autriche, la Hongrie à l’Asie centrale et le sud-ouest de la Sibérie, voire jusqu’en Mongolie. En Europe de l’ouest des populations isolées se trouvent en outre sur le littoral Atlantique depuis le Portugal à la France.
Depuis l'Europe occidentale littorale, à l'Europe centrale, Moyen Orient et l'Asie, ce jusqu'en Chine [?] [A préciser]. C'est une espèce méditerranéo-atlantique, tendance au déclin, très localisée sur le pourtours méditerranéen et sur la façade Atlantique française remontant jusqu'au Marais de Vendée et de Guérande (disparue ici). Elle est connue en Afrique du Nord et depuis la Péninsule ibérique aux Balkans (Deliry éà&è et compléments).
Nouvelle pour l'Iran (Schneider & al. 2018).
Elle occupe par ailleurs des habitats saumâtres continentaux d'Autriche ou Hongrie, ainsi que dans le sud de la Russie. Explosions démographiques certaines années en Camargue (1988, 1995, 2000, 2009...). Eaux stagnantes ensoleillées, notamment saumâtre avec une préférence à la ponte dans les Scirpes maritimes [2]. Vole de fin mars à juin, voire en Turquie, encore début août (Deliry 2017 et compléments) [3].
Les stations semblent bien fonctionner sur un principe de métapopulations et leur occupation ou production peut clairement fluctuer d’une année à l’autre.

Dans ses habitats en France l'espèce est quasi systématiquement accompagnée de Lestes barbarus, mais aussi de Sympecma fusca, voire Ischnura pumilio.

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France - EN 2016

Elle est en Camargue [6] et vient d’être (re)découverte dans l’Hérault [4]. Elle est signalée principalement en Grande Camargue, mais aussi en Crau humide. Une population a existé un temps en Camargue gardoise. Sur le littoral Atlantique les populations se trouvent sur des habitats annexes aux marais salants depuis le Marais de Guérande (station disparue ou instable) [5] à la Charente-Maritime (inventaire régulier sur ce département) en passant par la Vendée. Enfin les populations du littoral de Corse sont assez nombreuses et bien représentées (C.Berquier, com.). A l’initiative de Philippe Lambret qui coordonne le projet une enquête nationale Lestes macrostigma est lancée en 2009 [6].
Cette espèce se trouve surtout en Camargue (Bouches-du-Rhône) (Aguesse 1955, 1960, Faton & al. 2000, Lambret & al. 2009) [6], littoral Corse (McLachlan 1866) et quelques points du littoral Atlantique depuis le Marais de Guérande (Picard & Meurgey 2005) et dans les salins au sud (Lébioda 1987, Machet 1990). En cas d'explosion démographique l'espèce atteint volontiers le Vaucluse (Coffin 1989, Bence & Bence 1989), voire le Gard. Elle a été signalée autrefois en Camargue gardoise, ainsi que dans l'Hérault (Cassagne-Méjean 1965). De nouvelles mentions récentes concernent ces deux départements. Pourrait être par ailleurs dans le Var [?].
> Enquête Lestes macrostigma de l'ONEM

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©© byncsa - Cyrille Deliry - Histoires Naturelles

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© Yoan Braud - Bouches du Rhône, France le 30 mai 2005

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©© bysa - P.Lambret - ONEM


Aguesse P. 1955 - Note préliminaire sur les Odonates de Camargue. - Terre et vie, 9 : 287-309.
Aguesse P. 1960 - Contribution à l’étude écologique des Zygoptères de Camargue. - Thèse de doctorat. Sciences naturelles, Faculté des Sciences de l’Université de Paris, Imp. CRDP Aix-en-Provence : 156 pp.
Aguesse P. 1961 – Contribution à l’étude écologique des Zygoptères de Camargue. – Thèse de Doctorat Sci.Nat., Paris, imp. CRDP Aix en Provence.
Bence S. & Bence P. 1989 - A propos des récentes observations de Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) dans le Vaucluse (84) et observation de l'espèce en 1988 dans les Bouches-du-Rhône (13) (Odonata, Zygoptera : Lestidae). - Martinia, 5 (3) : 64.
Berguier C. & Andrei-Ruiz M.C. 2020 - Synthèse des connaissances et évaluation de l'état de conservation de Lestes macrostigma en Corse (Odonata : Lestidae). - Martinia, 34 (1/2) (2019).
Cassagne-Méjean F. 1965 - Sur quelques espèces de Zygoptères (Odonates) nouvelles pour la région montpelliéraine. - Annales de la Société d'Horticulture et d'Histoire Naturelle de l'Hérault. Section entomologie, 105 (1) : 65-66.
Coffin J. 1989 - Odonates nouveaux pour le Vaucluse (84) et mise à jour de la liste des espèces observées dans ce département. - Martinia, 5 (1) : 17-22.
de Selys Longchamps E. 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.
de Selys Longchamps E. 1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris. - PDF Deliry C. 2017 - Odonata Europaea. - Histoires Naturelles, n°49.
Dupont P. (coord.) 2010 – Plan national d’action en faveur des Odonates 2011-2015. – OPIE/SfO, Min. de l’Ecologie : 170 pp.
Eversmann E.F. 1836 - Libellulinae, Wolgam fluvium inter et montes Uralenses observatae. - Bull. de la Soc. imp. des Naturalistes de Moscou, 8.
Faton J.M., Deliry C. & Dorgère A. 2000 - Lestes macrostigma (Eversman, 1836) en Camargue. Bilan des prospections 1999-2000. - Document. - PDF
Faton J.M. & Deliry C. 2013 - Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) en Camargue. Bilan des prospections 1999-2000. - Sympetrum, 17 : 9-13.
Hagen H.A. 1840""" - Synonymia Libellularum Europaearum. - Regimontii Prussorum.
Kalkman V.J. & al. 2018 - Diversity and conservation of European dragonflies and damselflies (Odonata). - Hydrobiologia, 18 janvier 2018.
Lambret P. 2010 - Dynamique de populations d’adultes de Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) et implications pour son suivi : l’exemple de la Camargue (Odonata, Zygoptera : Lestidae). - Martinia, 26 (1/2).
Lambret P., Cohez D. & Janczak A. 1999 - Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) en Camargue et en Crau (Département des Bouches-du-Rhône) (Odonata, Zygoptera, Lestidae). - Martinia, 25 (2).
Lambret P., Cohez D. & Janczak A. 2009 - Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) en Camargue et en Crau (Département des Bouches-du-Rhône) (Odonata, Zygoptera, Lestidae). - Martinia, 25 (2) : 51-65.
Lambret P. & Stoquert A. 2011 - Diel pattern of activity of Lestes macrostigma at a breeding site (Odonata: Lestidae). - Intern. J. of Odonatol., 14 : 175-191.
Lambret P., Besnard A. & Matushkina N. 2015 - Plant preference during oviposition in the endangered dragonfly Lestes macrostigma (Odonata: Zygoptera) and consequences for its conservation. - J. of Insect Conservation, 19 : 741-752.
Lambret P., Boutron O. et Massez G. 2016 - Étude de l’écologie de Lestes macrostigma et restauration de son habitat. - Le Courrier de la Nature, 296 : 66-69.
Lebioda B. 1987 - Un méditerranéen exilé en Charente-Maritime : Lestes macrostigma (Eversmann, 1836)(Odonata Anisoptera : Lestidae). - Martinia, 6 : 27-28.
Machet P. 1990 - Présence de Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) dans l'Ile de Noirmoutier, Vendée (Odonata, Zygoptera : Lestidae). - Martinia, 6 (1) : 17-18.
McLachlan R. 1866 - Occurrence of Lestes macrostigma, Eversmann, in the island of Corsica. - Entomologist's mon. Mag., 3 : 141.
Picard L. & Meurgey F. 2005 - Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) dans les marais saumâtres de Loire-Atlantique (Saison 2005) (Odonata, Zygoptera, Lestidae). - Martinia, 21 (4) : 139-150.
Rambur J. 1842 - Histoire naturelle des insectes. Névroptères. - Roret, Paris.
Schneider T. & al. 2018 - Checklist of the dragonflies (Odonata) of Iran with new records and notes on distribution and taxonomy. - Zootaxa, 4394 (1) : 1-40.
[A préciser]


[1] – Ce synonyme est proposé par Dupont (2010), or après vérification à la source, il n’est pas dans l’ouvrage considéré. On y trouve bien un Agrion virentis cité entre parenthèses, mais sans description, ni claire attribution. Au mieux ce serait un synonyme très mineur.
[2] - L’espèce occupe en France les marais saumâtres littoraux, dans des habitats annexes aux marais salants sur la façade Atlantique du pays. Des apports d’eau douce hivernaux viennent modérer la salinité des habitats au printemps et toutes les stations connues présentent un assèchement estival. Un assèchement trop précoce se traduit par l’arrêt du développement des larves qui meurent. Au moment des émergences l’évaporation ayant opéré, les eaux peuvent atteindre les 23 g/l de sel. Ce sont parfois de petit habitats en Camargue ou en Crau humide, mais ils peuvent atteindre jusqu’à 69 ha (Lambret & al. 2009). Ils se caractérisent par la présence de Bolboschoenus maritimus ou parfois Juncus maritimus. En Corse on les trouve parfois sur de petits plans d’eau douce (J.L.Dommanget, com.), peut être en erratisme (C.Deliry, com.). Les adultes restent généralement vers les sites de reproduction, néanmoins certaines années lors d’explosions démographiques il peuvent se disperser à grande distance. Ainsi des individus – probablement issus de Camargue ou de Crau humide – se sont-ils dispersés jusque dans le Vaucluse (Bence & Bence 1989), l’Isère, voire la région lyonnaise. Ce type de dispersion reste rare et les meilleures années c’est simplement la Crau voisine qui est envahie. On trouve alors l’espèce sur des eaux douces, des fossés, des mares, étangs ou gravières. Les pontes sont principalement observées dans les tiges de Bolboschoenus maritimus ou parfois de Juncus maritimus (Faton & Deliry 2000, Lambret & al. 2009), néanmoins d’autres substrats végétaux sont utilisés (D.Cohez, com.). Les œufs se maintiennent pendant la période d’attente hivernale dans l’aérenchyme des hélophytes.
[3] - Les adultes volent entre la mi mai et fin août, ce en fonction de la latitude ou selon les années selons les conditions météorologiques. Pic des observations en juin. Les oeufs passent l’hiver sans éclore comme chez les autres espèces du genre en Europe. Le développement larvaire survient alors au printemps et est très rapide puisqu’il dure selon Aguesse (1960) de 8 à 10 semaines.
[4] - Découverte le 7 juin 2017 au Grau du Roi par Justine Bertrand & al. sur une petite mare saumâtre de la sansouire, entourée de Scirpes et de Joncs. La population rencontrée comportait 4 mâles et 3 femelles, mais aucune exuvie n’a été trouvée ; la reproduction ne peut donc être confirmée.
[5] - Espèce en limite de répartition bien suivi sur ses stations annexes aux marais salants en Vendée et découverte en Loire-Atlantique au marais de Guérande récemment (Picard & Meurgey 2005). Notons que mes recherches sur ce site quelques années auparavant étaient restées veines (C.Deliry, com.). Cette station semble avoir disparu depuis ou est instable. C’est la station la plus septentrionale de France, voire du Monde.
[6] - Alors que l’espèce y est connue depuis les années 1950-1960 (cf. Aguesse 1960), il faut attendre les années 1980 à 2000 pour que de nouveaux inventaires systématiques de ce Leste remarquable, soient réalisés notamment par Jean-Michel Faton et Cyrille Deliry, en collaboration avec la Tour du Valat, la RN de Camargue ou celle du Viguiérat. Cette dynamique sera relayée par les importants travaux détaillés sur la présence, la connaissance de l’habitat, des populations et la biologie de l’espèce sous la coordination de Philippe Lambret. Ceux-ci aboutissent à diverses publications sortant régulièrement (Lambret & al. 2009…).