Lestes sponsa : Différence entre versions

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Lestes fiancé [{{Selys}} 1840] - (en) Common Spreadwing<br>
 
Lestes fiancé [{{Selys}} 1840] - (en) Common Spreadwing<br>
''Lestes autumnalis'' Samouelle, 1819 (''nomen nudum''), ''Agrion sponsa'' Hansemann, 1823, ''Agrion forcipula'' de Charpentier, 1825, ''Lestes nympha'' Stephens, 1835 (''nec'' Hansemann, 1823) {{Msyn}}, ''Lestes autumnalis'' Stephens, 1835, <strike>''[[Lestes virens|Agrion paedisca]]'' Eversmann, 1836</strike> [2], ''Agrion picteti'' Boyer de Fonscolombe, 1838, ''Agrion spectrum'' Kolenati, 1856, ''Lestes neglectus'' Froehlicj, 1903, ''Lestes nymphaeides'' Bartenev, 1914
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''Lestes autumnalis'' Samouelle, 1819 (''nomen nudum''), ''Agrion sponsa'' Hansemann, 1823, ''Agrion forcipula'' de Charpentier, 1825, ''Lestes nympha'' Stephens, 1835 (''nec'' Hansemann, 1823) {{Msyn}}, ''Lestes autumnalis'' Stephens, 1835, <strike>''[[Lestes virens|Agrion paedisca]]'' Eversmann, 1836</strike> [2], ''Agrion picteti'' Boyer de Fonscolombe, 1838, ''Agrion spectrum'' Kolenati, 1856, ''Lestes smaragdula'' Buchecker, 1876 [3], ''Lestes neglectus'' Froehlicj, 1903, ''Lestes nymphaeides'' Bartenev, 1914
 
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Les synonymes suivants sont à voir pour la {{WOL1}} [Signalé le 9 septembre 2019] : ''Lestes autumnalis'' Stephens, 1835, ''Agrion picteti'' Boyer de Fonscolombe, 1838, ''Lestes neglectus'' Froehlicj, 1903, ''Lestes nymphaeides'' Bartenev, 1914
 
Les synonymes suivants sont à voir pour la {{WOL1}} [Signalé le 9 septembre 2019] : ''Lestes autumnalis'' Stephens, 1835, ''Agrion picteti'' Boyer de Fonscolombe, 1838, ''Lestes neglectus'' Froehlicj, 1903, ''Lestes nymphaeides'' Bartenev, 1914
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'''Rambur J. 1842''' - Histoire naturelle des insectes. Névroptères. - Roret, Paris.<br>
 
'''Rambur J. 1842''' - Histoire naturelle des insectes. Névroptères. - Roret, Paris.<br>
 
'''Samouelle G. 1819''' - The Entomologist's Useful Compendium or an introduction to the knowledge of British insects. - London.<br>
 
'''Samouelle G. 1819''' - The Entomologist's Useful Compendium or an introduction to the knowledge of British insects. - London.<br>
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'''Seehausen M. 2019''' - Zur Geschichte und Bedeutung der Libellensammlungen in Institutionen Deutschlands, Österreichs und der Schweiz (Odonata). - [Sur l'histoire et l'importance des collections de libellules dans les institutions allemandes, autrichiennes et suisses (Odonata).] - Libellula, 38 (1/2) : 29-70.<br>
 
'''Stephens F.J. 1835''' - Illustrations of British Entomology. - London.<br>
 
'''Stephens F.J. 1835''' - Illustrations of British Entomology. - London.<br>
 
'''von Siebold C.T. 1841''' - Über das Eierlegen der Agrion forcipula. - Arch. Naturgesch., 7 (1) : 205-211.<br>
 
'''von Siebold C.T. 1841''' - Über das Eierlegen der Agrion forcipula. - Arch. Naturgesch., 7 (1) : 205-211.<br>
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La '''vie larvaire''' est développée par Robert (1958) : Lorsque les jeunes larves sont effrayées, leur premier mouvement est de replier leurs pattes contre le corps et de relever l'abdomen jusqu'à ce que les branchies touchent la tête. Par moment ces larves se mettent à nager en pleine eau, arquant le corps à droite et à gauche en rapprochant à chaque contorsion les trois feuillets branchiaux. Mais ce mouvement est encore lent. Parfois elles montent pendant un instant, puis se laissent redescendre béatement, jusqu'au fond de l'eau sans faire un mouvement. Vers la fin de leur croissance, les larves de cette espèce marchent lentement, même en plein jour, et un peu par saccades ; de temps à autre tout le corps est secoué comme par un frisson. Elles se tiennent à faible profondeur dans les végétaux immergés, mais quand on veut les saisir elles s'esquivent à la nage avec une grande rapidité. Elles tiennent par moment leurs fourreaux alaires entrouverts, tandis que les branchies caudales sont toujours très écartées les unes des autres et la médiane bien relevée.
 
La '''vie larvaire''' est développée par Robert (1958) : Lorsque les jeunes larves sont effrayées, leur premier mouvement est de replier leurs pattes contre le corps et de relever l'abdomen jusqu'à ce que les branchies touchent la tête. Par moment ces larves se mettent à nager en pleine eau, arquant le corps à droite et à gauche en rapprochant à chaque contorsion les trois feuillets branchiaux. Mais ce mouvement est encore lent. Parfois elles montent pendant un instant, puis se laissent redescendre béatement, jusqu'au fond de l'eau sans faire un mouvement. Vers la fin de leur croissance, les larves de cette espèce marchent lentement, même en plein jour, et un peu par saccades ; de temps à autre tout le corps est secoué comme par un frisson. Elles se tiennent à faible profondeur dans les végétaux immergés, mais quand on veut les saisir elles s'esquivent à la nage avec une grande rapidité. Elles tiennent par moment leurs fourreaux alaires entrouverts, tandis que les branchies caudales sont toujours très écartées les unes des autres et la médiane bien relevée.
 
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'''[2]''' - Synonyme supprimé par {{Selys}} (1850, p.388) et déplacé à ''[[Lestes virens]]''.
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'''[2]''' - Synonyme supprimé par {{Selys}} (1850, p.388) et déplacé à ''[[Lestes virens]]''.<br>
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'''[3]''' - Attribué finalement à ''Lestes sponsa'' par Seehausen (2019). [N'est pas sur la {{WOL}}]

Version actuelle datée du 13 septembre 2019 à 20:57

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Lestes sponsa (Hansemann, 1823)

Lestes fiancé [de Selys Longchamps 1840] - (en) Common Spreadwing
Lestes autumnalis Samouelle, 1819 (nomen nudum), Agrion sponsa Hansemann, 1823, Agrion forcipula de Charpentier, 1825, Lestes nympha Stephens, 1835 (nec Hansemann, 1823) [Syn. mineur], Lestes autumnalis Stephens, 1835, Agrion paedisca Eversmann, 1836 [2], Agrion picteti Boyer de Fonscolombe, 1838, Agrion spectrum Kolenati, 1856, Lestes smaragdula Buchecker, 1876 [3], Lestes neglectus Froehlicj, 1903, Lestes nymphaeides Bartenev, 1914


Les synonymes suivants sont à voir pour la WOL [Signalé le 9 septembre 2019] : Lestes autumnalis Stephens, 1835, Agrion picteti Boyer de Fonscolombe, 1838, Lestes neglectus Froehlicj, 1903, Lestes nymphaeides Bartenev, 1914


Non menacée - LC 2014

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©© bysa - Göran Liljeberg, Hallvard Elven - Naturhistorisk museum, Universitetet i Oslo - Lien Internet

Le nom Lestes sponsa avait déjà été utilisé par Samouelle (1819) mais sans description, c'est une nomen nudum pour Chalcolestes viridis ; il n'y a pas lieu de le considérer comme préoccupé [2018].

On distingue avec le Nordic Code Center (2004) les formes heterochromatica et homochromatica.

Cette espèce apparaît dans la collection de Linné sous Libellula sp.. Angleterre (Samouelle 1819), Allemagne (Hansemann 1823).
Pologne (Silésie), Hongrie (de Charpentier 1825), France (Boyer de Fonscolombe 1838), Laponie (Zetterstedt 1840 ; [?] selon Selys 1850, ce taxon pouvant aussi concerner Lestes dryas). Dans plusieurs régions d'Europe (de Charpentier 1840). Belgique (Hagen 1840). Il faut attendre de Selys Longchamps (1850) pour qu'une présentation de cette espèce au sens strict soit faite. Les données antérieures, si nous avons sélectionné les plus fiables, peuvent concerner Lestes dryas. C'est par exemple le cas de Lestes sponsa au sens de Rambur (1842). Le Baron de Selys Longchamps (1850) révise la répartition de l'espèce : Iles Britanniques (Angleterre, Ecosse, Irlande, commune), Pays Bas (commune), Belgique (très commune), France, Allemagne, Autriche, Pologne, Prusse, Russie.


Afrique du Nord et centre ainsi que nord de l'Europe, nord de l'Asie, jusqu'au Japon (Deliry 2017). L'espèce fréquente de manière sporadique les abords de la Méditerranée. Elle est sur l'ensemble des îles Britanniques ainsi que dans le sud de la Scandinavie et de la Sibérie. Serait aussi en Sardaigne. Espèce citée jusqu'en Chine.
En augmentation localement en France, notamment en Rhône-Alpes (Deliry & al. 2014). Eaux stagnantes envahies de végétation généralement dans le secteurs boisés, jusqu'à 2290 m d'altitude. Vole de juin à novembre. Les œufs éclosent au printemps suivant l'année de ponte en huit semaine environ (Deliry 2017).

Le premier accouplement interspécifique (et même intergénérique) de l'Odonatologie des Zygoptères est rapporté par Hagen qui a pris le 24 août 1844 un ♂ de Lestes sponsa accouplé à une ♀ d'Agrion najas près de Koenigsberg (de Selys Longchamps 1850). On trouve encore pour cette espèce le premier article spécialisé de l'Odonatologie pour un fait de la biologie d'une espèce : sa ponte (von Siebold 1841).
Robert (1958) décrit les dortoirs, les pontes et la vie larvaire de cette espèce [1].

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©© bysa - Christian Fischer - Allemagne le 3 août 2006 - Wikimedia Commons


Bartenev A.N. 1914 - Matériaux pour l'étude de la faune des Libellules de la Sibérie. 16. Odonates de la province d'Oussouri. - Horae Societatis Entomologicae Rossicae, 41 (2) : 1-32.
Boyer de Fonscolombe M. 1838 - Monographie des Libellulines des environs d'Aix. - Ann. de la Soc. Entomol. de France, 7 : 75-106 + 547-575.
de Charpentier T. 1825 - De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae. - Wratislaviae.
de Charpentier T. 1840 - Libellulinae europaeae. - Leopold Voss, Lipsiae.
de Selys Longchamps E. 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.
de Selys Longchamps E. 1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
Deliry C. 2017 - Odonata Europaea. - Histoires Naturelles, n°49.
Deliry C. & le Groupe Sympetrum 2014 - Liste Rouge des Odonates de Rhône-Alpes 2014. - Col. Concepts & Méthodes, Groupe Sympetrum, Histoires Naturelles, n°25.
Hansemann J.W. 1823 - Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gattung Agrion. - Zool. Magaz. Wiedemann, 2 (1).
Hagen H.A. 1840 - Synonymia Libellularum Europaearum. - Regimontii Prussorum.
Norling U. 2018 - Constant and shifting photoperiods as seasonal cues during larval development of the univoltine damselfly Lestes sponsa (Odonata: Lestidae). - Intern. J. of Odonatol., 21 (2) : 129-150.
Rambur J. 1842 - Histoire naturelle des insectes. Névroptères. - Roret, Paris.
Samouelle G. 1819 - The Entomologist's Useful Compendium or an introduction to the knowledge of British insects. - London.
Seehausen M. 2019 - Zur Geschichte und Bedeutung der Libellensammlungen in Institutionen Deutschlands, Österreichs und der Schweiz (Odonata). - [Sur l'histoire et l'importance des collections de libellules dans les institutions allemandes, autrichiennes et suisses (Odonata).] - Libellula, 38 (1/2) : 29-70.
Stephens F.J. 1835 - Illustrations of British Entomology. - London.
von Siebold C.T. 1841 - Über das Eierlegen der Agrion forcipula. - Arch. Naturgesch., 7 (1) : 205-211.
Zetterstedt J.W. 1840 - Insecta Lapponica. - Leopold Voss, Lipsiae.
[A préciser]


[1] - Ils passent la nuit en dortoirs dans les prairies marécageuses qui bordent leur domaine habituel, posés contre les tiges des grandes Graminées ou des Pimprenelles (Sanguisorba officinalis). En de tels lieux on les trouve parfois en grande quantité, dormant avec des Ischnures ou des Sympetrums. Les ♂ sont presque toujours isolés posés assez haut, les ♀ plus bas ; mais à l'inverse du Leste brun (Sympecma fusca) qui s'applique de tout son long à son support, ils se tiennent comme de jour, le corps oblique, les pattes tendues et les ailes écartées. La condensation étant très forte en été dans le voisinage des nappes d'eau, ils sont parfois couverts de rosée et si bien engourdis qu'on peut les prendre avec les doigts. Lorsque le soleil les éclaire, ils commencent par se secouer et l'on entend de partout des bruissements d'ailes. Ils se mettent à voler entre 8 et 9 h (Robert 1958).
Les premiers accouplements commence vers 10h le matin et les pontes succèdent à ceux-ci vers 11h. Après les accouplements, les adultes recherchent des plantes pour y déposer leurs oeufs. Le ♂ tient sa compagne par le prothorax, les deux conjoints se tiennent à la tige où ils se sont posés et gardent leurs ailes à demi-ouvertes. La ♀ recourbe son abdomen jusqu'à ce que son extrémité arrive tout près des pattes. Elle se met alors à pondre en pratiquant un trou avec sa tarière dans les tissus de la plante, puis ressort son outil, descend en reculant et recommence plus bas, jusqu'à ce qu'elle soit tout près de l'eau. Dès qu'elle touche celle-ci, elle referme ses ailes et descend rapidement jusqu'à être entièrement dans l'eau. Le m entre aussi en arquant son abdomen et en fermant les ailes. La f enfile en général deux oeufs par trou, exceptionnellement trois. Tout en pondant, elle descend parfois jusqu'à l'extrémité de la plante ; alors le couple remonte rapidement le long de la tige et réapparaissent à l'air libre. Il arrive à la ♀ de pondre quelques œufs en remontant. Aussitôt hors de l'eau, ils ouvrent leurs ailes et après une ou deux minutes de repos, ils s'envolent et circulent de tige en tige pour recommencer leur ponte. Sous l'eau, leur corps et leurs ailes à la surface non mouillable, restent enveloppés d'une mince couche d'air qui leur donne des reflets argentés et merveilleux. Une fois hors de l'eau, ils sont tout à fait secs et peuvent donc s'envoler. Sans explications, à certains endroits les couples ne pondent que hors de l'eau, même quand les tiges descendent profondément dans l'élément liquide. Ailleurs, ils peuvent rester longuement sous l'eau pour pondre, la durée pouvant aller de 5 à 30 minutes. Sur un site donné les comportements sont similaires, les pontes ayant lieu en groupes sur des plantes de mêmes espèces soit hors de l'eau, soit au dessus et en dessous de la surface . Les œufs sont déposés en files quasi rectilignes, espacés les uns des autres de 4 à 8 mm et forment de petits points arrondis de 0,4 mm de large sur 0,5 mm de haut. Pour leur pontes ils utilisent toutes sortes de plantes sortant de l'eau comme les Laîches, les Aloès d'eau, les tiges florales d'Iris ou de Butomes, les Massettes. Ils ne pondent pas à la même hauteur selon la qualité des plantes (Robert 1958).
La vie larvaire est développée par Robert (1958) : Lorsque les jeunes larves sont effrayées, leur premier mouvement est de replier leurs pattes contre le corps et de relever l'abdomen jusqu'à ce que les branchies touchent la tête. Par moment ces larves se mettent à nager en pleine eau, arquant le corps à droite et à gauche en rapprochant à chaque contorsion les trois feuillets branchiaux. Mais ce mouvement est encore lent. Parfois elles montent pendant un instant, puis se laissent redescendre béatement, jusqu'au fond de l'eau sans faire un mouvement. Vers la fin de leur croissance, les larves de cette espèce marchent lentement, même en plein jour, et un peu par saccades ; de temps à autre tout le corps est secoué comme par un frisson. Elles se tiennent à faible profondeur dans les végétaux immergés, mais quand on veut les saisir elles s'esquivent à la nage avec une grande rapidité. Elles tiennent par moment leurs fourreaux alaires entrouverts, tandis que les branchies caudales sont toujours très écartées les unes des autres et la médiane bien relevée.


[2] - Synonyme supprimé par de Selys Longchamps (1850, p.388) et déplacé à Lestes virens.
[3] - Attribué finalement à Lestes sponsa par Seehausen (2019). [N'est pas sur la WOL]