Pantala flavescens

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Pantala flavescens (Fabricius, 1798)

Libellule globe-trotter, Pantale flavescente, Pantale globe-trotter - (en) Wandering Gliders - (th) แมลงปอบ้านแผ่นปีกกว้าง
Libellula flavescens Fabricius, 1798 [2], Libellula viridula Palisot de Beauvois, 1807, Libellula sparshallii Curtis, 1838 [1], Libellula analis de Haan in Burmeister, 1839 [N'est pas sur la WOL et [A préciser]], Libellula terminalis Burmeister, 1839, Orthetrum mathewi Singh & Baijal, 1955, Sympetrum tandicola Singh, 1955

Non menacée - LC 2016 (Stable)

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©© bysa - Jeevan Jose - Inde le 4 mai 2017 - Wikimedia Commons

Elle est illustrée dans la Description de l'Egypte (Anonyme 1817 ; pl.1 fig.4). Inde (Fabricius 1798).
Afrique de l'ouest (Palisot de Beauvois 1807), Sénégal, Ile Maurice, Cuba (Rambur 1842).

Elle possède des ailes postérieures particulièrement larges et à vaste surface. C'est une libellule de taille moyenne. Sa coloration d’ensemble est jaune à jaune orange. Ses yeux sont rouges à oranges ou jaunes. Elle présente des marques foncées le long de l’abdomen. Pas de taches sombres à la base des ailes à la différence de Pantala hymenaea, néanmoins certains individus (jeunes ?) semblent montrer des telles taches comme en Inde [6]. D’autres montrent de petites taches à l’apex des ailes (Etats Unis). ♀ similaires au ♂ y compris structuralement. La larve est de taille moyenne à grande (24-26 mm), de couleur vert pâle avec de légères marques brunes (mouchetures). Elle est fortement épineuse.


Il s'agit probablement d'une des espèces de Libellules les plus répandue du Monde. Elles détiennent des records de distance de déplacement chez les Insectes.
Amérique du Sud et du Nord, Antilles, Afrique, Inde, sud-est de l'Asie, Australie et ailleurs (Deliry 2017). Il s'agit du seul Odonate découvert sur l'île d'Amsterdam (Devaud & Lebouvier 2019). Tendances subcosmopolite, circumtropicales, sur la plupart des zones tropicales et tempérées du Monde, fortement migratrice [3]. Très accidentelle en Europe ou en Afrique du Nord [4], des indications d'Espagne, France (toutefois confirmée en 2019) et Angleterre restent mal confirmées (Deliry 2017 et compléments) ; relativement fréquente vers la Sicile (Corso & al. 2017). Elle a été observée dans péninsule Italique pour la première fois en 2019 (Piretta & Assandri 2019). Migratrice jusqu'au sud du Canada [5] où elle est indiquée de juin à septembre. Remonte en outre jusqu'au Caucase, en Egypte, assez régulière en Turquie. Reproduction probablement régulière de l'espèce dans le Paléarctique Ouest en Mauritanie (Deliry 2017). Tout à fait répandue en Micronésie (Lieftinck 1962). En Transbaïkalie, dans l'est de la Russie elle vient en mai et juin et forme une génération dite "tempérée" et on suppose qu'elle redescends dans le sud en septembre (Borisov & al. 2019). Selon les latitudes elle peut être observée à tout moment de l'année. Peut se rencontrer partout à l’état imaginal en raison de ses importants déplacements migratoires, tant en plaine qu’en altitude. Se reproduit dans des milieux temporaires : mares, flaques notamment liées aux pluies de mousson. Développement larvaire très rapide en eaux stagnantes en général et permettant un cycle abouti en milieu temporaire. Vole tout au long de l'année selon les endroits (Deliry 2017). La ponte comporte de 500 à 2000 œufs. Le développement larvaire prends de 38 à 65 jours, soit un à deux mois, ce qui permet le développement en milieux temporaires. L’étude de la structure des ailes révèle des propriétés anti-fatigue (Li & al. 2014), ce qui est conforme aux importantes capacités migratoires de l’espèce. Les larves sont consommées localement en Asie, de manière très régulière. Elle sont préparées en friture. On utilise aussi les imagos vivants et écrasés sur les lésions des ongles pour les guérir (Meinam).

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France - Son observation ancienne en France, ne semble plus retenue par certains auteurs. Elle manque de précision et serait en Provence. Elle a été observée en 2019 dans le Gard.

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©© bysa - Achim Raschka - Wikimedia

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©© by – Pseudonyme – Wikipedia

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gnu – Muhammad Mahdi K. – Wikipedia

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©© bysa - David Vraju - Inde le 27 septembre 2011 - Individu particulièrement rouge - Wikimedia Commons

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©© bysa – J.C.Abbot – Wikipedia – ♀

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©© bysa – Shyamal – Wikipedia – Probablement en migration (Inde) 26 octobre 2006

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© Cyril Soustelle - France, Gard le 12 août 2019 - Observatoire du Patrimoine Naturel du Gard - Première mention française documentée


Anderson R.C. 2009 - Do dragonflies migrate across the western Indian Ocean ? - J. of Tropical Ecology, 25 : 347-358.
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[A préciser]


[1] - Capturée en Angleterre à Horning en 1823, espèce dite exotique d'Australie et mise en doute par divers auteurs, la synonymie semble toutefois acceptée.
[2] - Ce nom semble préoccupé par une Libellula flavescens décrite par Fischer en 1791 - à vérifier [A préciser] -. On trouve aussi Libellula flavescens chez Brittinger (1850) qui corresponds à Libellula quadrimaculata.
[3] - Ce taxon est un migrateur obligé dont les mouvements sont liés à la mousson. Largement répandue dans le monde intertropical, en Amérique du Nord, Australie et Océanie. Les remontées en Europe sont tout à fait exceptionnelles en raison de la barrière que forme le Sahara couplé au vent trop sec qu’en le Siroco. L'espèce semble pouvoir effectuer des distances estimées à 18000 km de l’Inde à l’Afrique orientale et passer à des altitudes de 6200 m dans l’Himalaya. Un fonctionnement biochimique particulier lui permet de tirer l’énergie nécessaire à de longs vols. Les migrations sont surtout effectuées en automne. Elle apparaît même aux Maldives où les habitats sont défavorables aux Odonates, par millions chaque année entre octobre et décembre comme le révèle C.Anderson (Vidéo ci-dessous). Il s’agit de toute évidence de la migration la plus spectaculaire chez les Odonates. En effet les individus arrivent en Afrique orientale en décembre, circulent dans le secteur et reprennent une migration en direction de l’Inde entre les mois de mars et juin. Plusieurs générations se succèdent dans ce long voyage.


[4] - Les venues dans le Paléarctique Ouest sont comme nous l’avons vu exceptionnelles et probablement limitées par la barrière formée par le Sahara. Les mentions tant en Egypte qu’en Asie Mineure et Turquie sont plus fréquentes qu’ailleurs sur le domaine présenté. Une mention récente en Grande Bretagne dans le Kent en 1989 considérée comme douteuse par les auteurs. Elle vient s’ajouter à trois autres mentions dans ce secteur, néanmoins il ne s’agit pas de venues naturelles, mais d’arrivées liées à des vivres ou des bateaux. Migratrice observée occasionnellement en Algérie, Arménie, Azerbaidjan, Chypre, Egypte, Georgie, Grèce, Irak, Israël, Jordanie, Kazakhstan, Liban, Monténégro, Maroc, Russie européenne, Syrie, Tunisie, Turquie tant d’Europe que d’Asie, Turkménistan (Boudot & al. 2013). Jusqu’en 2013 l’espèce n’avait jamais été notée aux Canaries, pourtant relativement favorables à sa venue, ce sont alors plusieurs observations qui ont été réalisées coup sur coup. Buczyński & al. (2014) à l’occasion de l’observation de l’espèce à Kalingrad (Russie) font le point sur l’espèce dans le Bassin méditerranéen. L’observation russe est la plus septentrionale jamais indiquée dans l’Hémisphère Nord. Il a fallu capturer et identifier 50465 imagos sur une période de 2 mois pour détecter l’espèce (29 mai 2013 ; le même jour ce sont 32698 imagos qui ont été observés lors d’un rush d’espèces). Par ailleurs on a récemment révélé qu'elle était relativement fréquente vers la Sicile (Corso & al. 2017). Elle a été contactée en Pologne en 2016 (Buckzyński & al. 2019) ; cette mention suggère une voie marginale de migration par l'est de l'Europe. L'espèce a finalement été confirmée en France dans le Gard le 12 août 2019 par Cyril Soustelle (Observatoire du Patrimoine Naturel du Gard). Peu avant cette Libellule migratrice avait été observée en Allemagne le 6 juillet et une émergence constatée le 17 août 2019.
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© Buczyński & al. (2014) – Complété – La station de Kalingrad est indiquée par une étoile
[5] - Au Québec c’est une espèce migratrice. Son développement larvaire étant impossible en hiver, ce sont des arrivants qui viennent chaque année depuis les latitudes méridionales de l’Amérique (Etats Unis). Par contre son cycle est suffisamment court pour permettre au moins une génération estivale. Le développement hivernal est bien tenté, néanmoins on retrouve au cœur de l’hiver les larves mortes au fond des mares ou des flaques (R.Hutchison, com.).

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[6] - shared - © J.Abhishek – Focusing on Wildlife [Lien perdu] – Inde – Noter la coloration particulière et la présence de taches à la base des ailes (erreur d’identification ?).